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Episode 9 : Abdeslam Sbatri: rassembler la jeunesse africaine, l’ambition d’une vie

Dernière mise à jour : 18 avr. 2023


Pour notre neuvième épisode, nous retrouvons Abdeslam Sbatri. Abdeslam est marocain, et depuis 2008, il est à la tête de l’Organisation des Jeunes Africains (OJA), une ONG créée à son initiative avec des camarades d’université déterminés à rassembler la jeunesse du continent. Aujourd’hui l'OJA compte 29 pays membres, et plus de 8200 adhérents. Ensemble, ils souhaitent accélérer le développement de l’Afrique en ouvrant le dialogue entre les pays, en promouvant la culture, en assurant l’éducation et le développement des capacités des jeunes, en encourageant l’esprit entrepreneurial etc… Abdeslam et son organisation se positionnent ainsi comme les porte-paroles d’une jeunesse africaine optimiste, et décidée à faire de l’Afrique une terre d’opportunités économiques. C’est dans cette optique d’ouverture d’esprit et de solidarité régionale, qu’ Abdeslam a postulé à l’Académie des Talents méditerranéens. En rencontrant les Académiciens, et les intervenants du programme, il a pu apporter à l’OJA de nouvelles pistes de compréhension des enjeux de la région, mais aussi de précieux conseils pour le développement de leur dernier projet: une coopérative de transformation des déchets organiques qui garantirait l’insertion socio-économique des migrants. Aujourd’hui cette idée de projet se concrétise et pourrait bientôt voir le jour! Abdeslam nous raconte les origines de l’OJA, leur dernière initiative et l’apport de l’Académie dans ce projet d’ampleur.



L'Organisation des Jeunes Africains

En 2007 alors qu’il suit des études en économie pour devenir par la suite cadre financier, Abdeslam Sbatri décide de se réunir avec d’autres étudiants de la faculté d'économie de Tanger pour créer un espace d’échange, de dialogue et de collaboration entre jeunes africains de différentes nationalités. Le groupe qui se constitue est convaincu d’une chose: la collaboration de la jeunesse africaine permettra d’accélérer le développement de leur continent. Guidés par ce mantra, ils décident de se constituer en ONG et créent officiellement en 2008 l’Organisation des Jeunes Africains. Celle-ci est composée d’un conseil d’administration (29 conseillers représentant les pays membres), et d’un bureau exécutif central (7 membres) qui comptent chacun des représentants du Maroc, des Comores, du Tchad, du Mali, de Guinée, et de Madagascar. Ensemble, ils travaillent depuis Tanger et les différentes sections et antennes de l’Organisation sur leurs différentes missions et stratégies. Leurs objectifs sont les suivants: l’insertion socio-professionnelle des jeunes, l’ouverture du dialogue entre les pays, la promotion de la solidarité face à des défis communs, la valorisation de la culture, le renforcement des capacités des jeunes à travers l’éducation, le développement de l’entrepreneuriat, le plaidoyer pour la facilitation des déplacements, l’intégration des jeunes dans le monde, et le respect des droits de l’homme. Ce mandat, très ambitieux, a mené l’OJA à collaborer sur plusieurs projets aux côtés de l’Union Européenne et l’Organisation Internationale des Migrations. C’est ce partenariat qui a notamment accéléré le projet de Coopérative AMADAGH Environnement, un projet qui vise l’intégration socio-économique des migrants en provenance du Sahel.


“Pour nous les “migrants” ce sont de jeunes africains. Ils méritent de se voir traiter, et se voir offrir les mêmes opportunités socio-économiques que les autres jeunes.”


Le projet AMADAGH Environnement


Créée dans la région de Tanger - Tétouan - Al Hoceima plus précisément dans la province de Ouazzane, la coopérative AMADAGH Environnement souhaite faciliter l’intégration économique, sociale et culturelle des migrants en provenance du Sahel dans la société marocaine. Les travailleurs seront issus de pays comme le Sénégal, le Mali ou le Tchad, et se verront travailler aux côtés des producteurs, acheteurs et clients locaux. En complément de ses objectifs socio-économiques, la coopérative souhaite également avoir un impact environnemental en luttant contre le rejet des déchets issus de l’industrie oléicole. Connue pour ses oliviers, la province de Ouazzane souffre néanmoins de la pollution générée par les résidus solides et liquides de la production d'huile d’olive. Le projet d’Abdeslam est donc multiple: en récupérant les grignons d’olives, les jeunes africains embauchés par la coopérative les transforment en briques de chauffage et en produits alimentaires pour les élevages de la région.


“La Coopérative va permettre de faire de l’intégration sociale, offrira une solution durable à la pollution générée par la production d’huile d’olive, et une alternative biologique à la nourriture pour le bétail.”


Aujourd’hui la coopérative est créée légalement, et le terrain sur lequel elle sera bâti est également identifié. En revanche, il reste encore à trouver les financements pour la construction du lieu et l’achat du matériel. Il s’agit effectivement du premier projet de cette ampleur, et pour Abdeslam, il s’agit d’une édition pilote. Si la coopérative de la région de Tanger- Tétouan - Al Hoceima fonctionne comme prévu, il envisage de répliquer le modèle dans différents pays membres de l’OJA en s’adaptant aux besoins locaux.



L’Académie des Talents Méditerranéens


Abdeslam a été, depuis le lancement des cours, l’un des Talents les plus assidus. Il admet qu’avant le programme, il ne percevait pas la Méditerranée comme un espace commun mais comme une frontière entre l'Europe et l’Afrique. Avec les différents cours, les ateliers, et les rencontres permises par l’Académie, il a vu son regard changer.


“Pour moi, ça a toujours été le Nord versus le Sud, l’Europe versus l’Afrique. La Méditerranée était une frontière entre ces deux espaces, je ne l’avais jamais perçue comme une région à part entière avant l’Académie. Je me sens très chanceux d’avoir eu l’opportunité d’en faire partie. ”


En plus d’un intérêt nouveau pour l’histoire de la Méditerranée, Abdeslam a beaucoup appris au cours des ateliers dédiés au développement de projet. En tant que représentant de l’OJA, il s’est toujours appliqué à partager avec ses collègues les conseils qu’il recevait lors des différentes séances. Cela a particulièrement été le cas lors de la retraite de Marseille, lors de laquelle il était en contact quasi-permanent avec son équipe afin de repenser la raison d'être du projet à la lumière des cours de Martin Serralta. Ce temps fort du programme a été extrêmement bénéfique pour la coopérative.


L’approche de Martin a ensuite été suivi par les coaching de Yassine, coach chez Minassa. C’est avec lui qu’ Abdeslam a pu réfléchir en profondeur à la stratégie, au concept et au futur de la coopérative. En questionnant le modèle économique, Abdelslam a ainsi réalisé que la transformation des grignons d’olive en briques de chauffage n’était pas pérenne, et qu’il était nécessaire de diversifier les produits transformés (nourriture biologique pour animaux d’élevage).


Rencontres et échanges


Lors de la Retraite, Abdeslam a eu l'occasion de rencontrer les autres Talents du programme. Au-delà des différentes nationalités réunis, ce sont les différentes personnalités qui ont enfin pu être révélées. Abdeslam a réellement ressenti un avant et après -retraite.


“Après la retraite, lors des cours en ligne, on sentait plus d'alchimie entre nous tous. Les personnalités étaient plus palpables.”


Le présentiel a été également l’occasion pour les Talents d’échanger entre eux au sujet de leur pays d’origine. Abdeslam a particulièrement été surpris par la rencontre avec Karim (l’un de nos trois talents algériens) qui a révélé une personnalité bien éloignée des stéréotypes véhiculés par les médias marocains. Il a pu réinventer la relation Maroc-Algérie à l’aune de cette rencontre. Les discussions avec Issa (l’un de nos deux talents mauritaniens), ont elles aussi inspiré Abdeslam, qui envisage désormais d’installer l’OJA en Mauritanie.


Autre point commun entre les Académiciens: leur rapport à l'environnement. Abdeslam a été très impressionné par les projets de chacun et leur potentiel d’action à l’échelle de la région. Le projet de Hend, selon lui, fonctionnerait très bien au Maroc, de par la quantité de côtes dont le pays dispose mais également de par le contexte favorable (nombre de chercheurs, conjoncture politique…).


C’est parce que les opportunités de collaborations entre talents sont immenses, que Abdeslam espère voir la communauté de l’Académie grandir et perdurer.


Merci à Abdeslam pour avoir partagé avec nous ses différentes initiatives et son enthousiasme à faire partie de l’Académie !

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